«SANS CE TITRE EN FORMULE E, LE MANS AURAIT ÉTÉ BIEN PIRE»

A peine le temps de fêter sa couronne en formule E
 que Sébastien Buemi reprend le chemin du WEC le week- end prochain. Retour sur sa deuxième saison électrique...

Trois semaines après un dernier rendez-vous survolté dans les rues de Londres, Sébastien Buemi avait pu surmonter une conclusion des 24 Heures du Mans aussi abrupte qu’amère. Le triomphe de l’Aiglon aurait dû avoir lieu sur le circuit de la Sarthe, il est venu à Londres, à force d’abnégation et de volonté. Et ce, une année après une autre terrible déception, celle d’avoir manqué le premier titre de l’histoire de la formule E pour un seul point.

Cette année, les choses avaient certes mal commencé pour Sébastien Buemi, percuté dès le premier tour de la dernière course par un Lucas Di Grassi sans scrupules. Il ne restait qu’un espoir, signer le meilleur tour de l’épreuve pour grappiller deux points qui allaient faire toute la différence. Entre la formule E, le WEC et la F1, Seb s’est livré avant de retrouver le volant lors des 6 Heures du Nürburgring.

Un an après sa défaite à Londres, Sébastien Buemi s’est vengé à la fois contre le mauvais sort et ses adversaires peu scrupuleux.
Un an après sa défaite à Londres, Sébastien Buemi s’est vengé à la fois contre le mauvais sort et ses adversaires peu scrupuleux.

Revue Automobile: As-tu pu prendre le temps de célébrer ta première couronne en formule E?


Sébastien Buemi: Oui, nous avons fait la fête à Paris avec toute l’équipe e. Dams-Renault. Mais c’était de courte durée. Les tests sur simulateur ont repris chez Red Bull, de même que les essais en vue de la saison 3 de formule E et la reprise du WEC le week-end prochain.

Il y a des bruits qui courent selon lesquels un retour en formule 1 serait envisageable. Est-ce vrai?

Tout est possible. Il faudra voir. Si je revenais en formule 1, ce serait uniquement avec une voiture qui me permette d’être compétitif. Je n’ai envie de me battre en queue de peloton.

Quel est ton sentiment à l’issue de ton triomphe électrique?

C’est vraiment super. Naturellement, j’aurais aimé remporter ce titre d’une autre manière. Mais nous avons remporté à la fois les titres pilote et constructeur, ce qui est l’essentiel.

La finale de Londres était particulièrement sauvage face à Lucas Di Grassi…

Il a vraiment tout fait pour me mettre dehors. Ensuite, pendant mes tentatives de réaliser le meilleur chrono en course, il ne m’est resté qu’un seul tour où il ne m’ait pas guetté afin de me bloquer. J’ai pu en profiter et je suis devenu champion, mais il s’en est fallu de peu.

Le titre aurait peut-être ensuite été obtenu sur tapis vert?


Peut-être, mais cela aurait été totalement contraire à l’intérêt du public, des pilotes, des équipes et du championnat.

As-tu digéré l’affaire Di Grassi?

A ce que je sais, la FIA est encore en train d’étudier la chose pour déterminer en détail ce qui s’est passé. Je ne sais pas ce qui va en ressortir, mais ce qui s’est passé à Londres n’est pas tolérable. On ne peut pas laisser passer ça.

Tu n’es donc copain avec lui…

Pas vraiment!

Peut-on considérer ce titre en formule E comme une véritable consolation après la déception du Mans avec Toyota?

Oui et non. Le Mans reste Le Mans, et en ce sens, rien ne peut remplacer cette course mythique. Mais il est clair que cette année, Le Mans aurait été bien pire si je n’avais pas pu décrocher la victoire en formule E.

As-tu le temps de prendre des vacances cet été?


Je vais faire une pause de deux semaines au mois d’août. C’est important de recharger les batteries. Sinon je ne fais rien de bien!

D’ici là, comment se présente la prochaine épreuve du WEC au Nürburgring?


Le but est clair: nous devons gagner. Ce serait sympa que la chance nous sourie enfin à nouveau.